6. Calcul des prédicats
6.1 Pourquoi aller plus loin
La proposition p représente un énoncé complet sans exposer sa structure interne. Le calcul des prédicats permet de dire qui possède une propriété, quels objets sont liés et comment les objets dépendent les uns des autres. Le cours utilise la logique du premier ordre.
6.2 Vocabulaire
- Constante : désigne un objet particulier, par exemple
Pierre,a,38. - Variable : représente un objet arbitraire, par exemple
x,y,z. - Fonction : construit un terme à partir d'autres termes, par exemple
f(x)oucouleur(x). - Prédicat : propriété ou relation qui devient vraie ou fausse une fois ses arguments fournis. Son arité est son nombre d'arguments :
chat(x)est unaire,aime(x,y)binaire. - Formule atomique : application d'un prédicat à des termes, par exemple
parent(Paul,Julien).
Les connecteurs propositionnels restent disponibles et deux quantificateurs s'ajoutent :
∀x P(x): pour toutx,P(x);∃x P(x): il existe au moins unxtel queP(x).
6.3 Traduire et lire les quantificateurs
Exemples :
- Pierre aime Nathalie :
aime(Pierre,Nathalie); - tout le monde aime quelqu'un :
∀x∃y aime(x,y); - tout le monde aime tout le monde :
∀x∀y aime(x,y); - quelqu'un aime tout le monde :
∃x∀y aime(x,y); - toutes les pommes sont rouges :
∀x(pomme(x)→rouge(x)).
L'ordre est essentiel. Dans ∀x∃y aime(x,y), la personne y peut dépendre de x. Dans ∃y∀x aime(x,y), un seul même y doit convenir à tout x.
Les négations correctes sont :
¬∀x P(x) ≡ ∃x ¬P(x);¬∃x P(x) ≡ ∀x ¬P(x).
Autrement dit, nier un quantificateur change le quantificateur et nie la formule interne.
Quantification et connecteurs :
∀x(P(x)∧Q(x)) ≡ (∀xP(x))∧(∀xQ(x));∃x(P(x)∨Q(x)) ≡ (∃xP(x))∨(∃xQ(x));- les formes analogues avec
∀sur∨ou∃sur∧ne sont pas valides en général; - deux universels consécutifs peuvent permuter, tout comme deux existentiels;
- un universel et un existentiel ne peuvent pas être intervertis en général.
Modèle sur {a,b} où aime={(a,a),(b,b)}. Panneau gauche : a pointe vers a et b vers b, donc chaque x a un y, ∀x∃y est vrai. Panneau droit : un témoin commun candidat a reçoit seulement a; le lien b→a manque. Le candidat b échoue symétriquement, donc ∃y∀x est faux. Nier la première formule donne ∃x∀y ¬aime(x,y).
Source : Schéma original du portail, données autonomes; consolidation du 16 octobre 2026. · Maître S05 : 6.3 Traduire et lire les quantificateurs