5. Deux parcours de développeurs
Repères : PDF p. 4 et 14; enregistrement 35:40–41:00 et question vers 48:20.
5.1. Pierre-Olivier : un rêve initial n’est pas une obligation de carrière
Pierre-Olivier commence à Sainte-Foy dans une formation orientée vers le jeu vidéo, son rêve depuis longtemps. Il poursuit à établissement par la passerelle DEC-BAC. Son groupe choisit d’allonger le parcours d’une session pour répartir une charge jugée forte. La formation lui fournit les bases nécessaires pour entrer dans le domaine qu’il visait.
L’expérience professionnelle du jeu vidéo dure finalement environ quatre mois, avant une réorientation vers le Web. Il travaille notamment dans les services informatiques de établissement, sur des systèmes tels que portail institutionnel et l’admission, puis dans des entreprises du domaine géospatial. Au moment de la conférence, il occupe depuis environ deux ans un poste de développeur senior chez GoTo, sur une plateforme Web de communication et des fonctions de centre d’appels, comparables par leur type d’usage à Teams.
Son rôle comporte du mentorat de juniors et stagiaires, mais il précise ne pas être chef d’équipe dans son poste actuel. Il faut distinguer un titre de gestion, une expertise senior et une contribution à la formation des autres : ces dimensions peuvent se combiner sans être identiques.
À la question sur son départ du jeu vidéo, il parle d’un ajustement personnel au rythme du travail. Les grandes productions ont une ampleur et une cadence qu’il compare à Hollywood; il souhaitait un milieu plus calme. L’emploi suivant offrait quatre jours par semaine. Il ne condamne pas toute l’industrie, qu’il décrit également comme en évolution. Aimer jouer et aimer les conditions de réalisation d’un jeu sont deux questions différentes.
Le témoignage illustre une décision construite par l’expérience : essayer le domaine rêvé peut permettre de découvrir qu’un autre type de travail correspond mieux à ses préférences. La réorientation ne rend pas inutiles les bases acquises dans la formation.
5.2. Patrick : construire une entente entre emploi et études
Patrick termine en 2019 un DEC en intégration multimédia à Sainte-Foy, formation qu’il décrit comme variée : programmation, informatique, multimédia et un peu de design. Une période de travail lui donne envie de problèmes plus stimulants et d’un développement supplémentaire. Il ne suit pas un cheminement uniforme sans interruption entre tous les diplômes.
Dès son arrivée chez AXSO, il demande la possibilité de reprendre des études lorsqu’il le décidera. Il passe d’abord environ un an à temps plein à comprendre les systèmes, la logique d’affaires et les processus de l’entreprise, puis commence le bac. Le soutien de l’employeur se négocie ainsi en lien avec un projet réel, plutôt qu’être supposé acquis sans discussion.
Son DEC ne lui fournissait pas tous les préalables nécessaires. Il rapporte avoir repris des mathématiques du secondaire et du collégial, notamment à distance pendant sa période de travail, et avoir été admis conditionnellement à l’université. Le rattrapage représente un effort important. Ce récit personnel n’est pas une procédure d’admission applicable automatiquement à un autre dossier.
Il étale le bac sur quatre ans plutôt que trois, avec trois sessions par année et environ trois cours par session. Il mentionne également une reconnaissance de stages liée à son expérience. Cela montre une manière d’articuler travail et études, sans promettre les mêmes équivalences ou aménagements à tous les étudiants.
Au moment de la séance, il indique environ six ans chez AXSO et vient de commencer une maîtrise avec mémoire liée à son travail et aux données. Son parcours permet donc d’associer expérience en entreprise, approfondissement universitaire et responsabilités de chef d’équipe. Les durées de son récit sont des repères approximatifs; elles ne sont pas transformées en chronologie contractuelle au mois près.
5.3. Ce que les deux trajectoires ont en commun
Les domaines de départ sont différents, les étapes ne sont pas les mêmes et l’une des trajectoires comporte une réorientation rapide après l’entrée dans le secteur visé. Pourtant, les deux récits montrent la même capacité à ajuster ses choix, à rechercher un environnement approprié et à continuer d’apprendre.
Ils ne proposent pas un parcours unique « idéal ». Une maîtrise peut être pertinente pour un projet, des certifications peuvent compléter une autre trajectoire, et une expertise technique peut se développer avec ou sans titre de gestion. Le critère commun est de pouvoir expliquer ce que l’on cherche à apprendre et la contribution que l’on souhaite apporter.