2. Transformation des métiers et écosystème régional
Repères : PDF p. 3 et 6–9; enregistrement 02:30–15:30.
2.1. Une formation peut mener à des fonctions difficiles à anticiper
Marceau reprend une projection formulée en 2020 à propos de 2030 : 80 % des jeunes alors à l’école exerceraient des métiers qui n’existaient pas encore. La diapositive est illustrée par Ravy Por, présentée comme leader en technologies émergentes et en IA et fondatrice de Héros de Chez Nous. Le support ne fournit pas la méthode ou l’étude derrière ce pourcentage. Il faut le comprendre comme une projection citée pour ouvrir la réflexion, sans le traiter comme une donnée statistique démontrée.
L’idée utile est que les tâches et compétences changent, même lorsque l’intitulé d’un métier reste familier. La mécanique automobile en fournit un exemple : le véhicule électrique et ses composants embarqués transforment le travail par rapport à la mécanique traditionnelle. Une orientation initiale ne décrit donc pas nécessairement tout ce que la personne fera dix ans plus tard.
Un second exemple concerne Farah Alibay et les systèmes de mobilité des rovers martiens : le conférencier évoque une fonction que l’on ne se représente pas forcément au début d’études scientifiques. Son nom, déformé dans la transcription, a été rétabli avec une source primaire NASA/JPL. La leçon porte sur l’ouverture des parcours, sans transformer cette anecdote en biographie détaillée ou en promesse de débouché.
Ces exemples invitent à développer des fondements transférables et une capacité d’apprentissage. Ils ne démontrent pas que tous les métiers actuels vont disparaître, ni que l’on pourrait se dispenser d’une formation parce que les tâches futures sont incertaines.
2.2. Mon Avenir TI : une relève pour des organisations très différentes
Mon Avenir TI se présente comme un collectif de 54 sociétés ayant une présence dans la région de Québec, réunies depuis 2012. Marceau indique avoir rejoint l’organisation en 2017. La mission est de promouvoir le secteur et ses possibilités et de préparer une relève forte pour les entreprises. Les 54 membres sont l’effectif annoncé dans le support daté, pas le nombre total d’employeurs informatiques de la région.
La mosaïque de membres et l’oral montrent plusieurs types d’organisations :
- assurances et finance : Promutuel, iA, Desjardins, Beneva;
- éditeurs spécialisés et entreprises servant des domaines particuliers, dont Coveo;
- sociétés de conseil et services mondiales, dont Accenture, Deloitte, KPMG et d’autres membres visibles dans le PDF;
- grands fournisseurs technologiques et cloud, dont AWS et Microsoft;
- jeux vidéo, dont Ubisoft et Beenox;
- organismes publics, établissements d’enseignement, commerces et services.
Cette diversité explique pourquoi un emploi informatique ne se limite pas à une entreprise qui vend du logiciel. Simons vend des vêtements, mais sa présence Web, sa distribution en ligne et son entrepôt informatisé soutiennent sa concurrence avec Amazon. Marceau cite un investissement de 250 M$ dans cet entrepôt. Ce chiffre illustre son argument; il ne constitue pas un audit financier effectué ici.
Germain Hôtels est un autre exemple : les services électroniques et leur intégration pour un réseau d’hôtels au Canada sont pilotés depuis Québec. Les banques sont également citées comme organisations à fort contenu technologique. La fonction TI d’un employeur peut ainsi être centrale à son activité, même si son produit visible est un vêtement, une chambre d’hôtel ou un service financier.
Le collectif met aussi de l’avant la qualité de vie à Québec et la possibilité d’y exercer un travail à portée mondiale. GoTo est présenté comme une entreprise d’environ 4 000 employés dans le monde, avec une activité de R-D à Québec. Cet exemple soutient l’idée qu’il n’est pas nécessaire de partir dans la Silicon Valley pour travailler sur des problèmes technologiques importants. Les chiffres sont ceux du témoignage, et la liste de membres n’est pas une liste d’offres d’emploi ouvertes.
2.3. Une collaboration qui commence avant l’université
Mon Avenir TI travaille dès le secondaire, notamment par des visites d’entreprises, et collabore avec les cégeps et l’université. Pour les étudiants déjà engagés dans une formation, le message est celui de l’appartenance : le milieu souhaite leur réussite, a besoin de relève et les considère déjà comme membres de la communauté professionnelle. L’arrivée d’outils nouveaux n’élimine pas, dans la perspective de Marceau, la créativité des personnes qui les dirigent.
Le plan régional cherche à instaurer une culture de persévérance, former en lien avec les besoins, accompagner le parcours jusqu’au diplôme, donner du sens à la formation, la garder pertinente, attirer d’autres personnes et faciliter la transition vers l’emploi. Il comprend aussi l’écoute des recommandations des étudiants : la relation ne consiste pas seulement à leur transmettre des attentes.
Marceau décrit une journée organisée tous les deux ans par Marc Philippe Parent, durant laquelle l’industrie examine le programme d’informatique et de génie logiciel et signale des besoins ou contenus à renforcer, par exemple en cybersécurité. Le mécanisme est celui d’une rétroaction entre formation et pratique, sans réduire toute la formation à un outil du moment.
Les clubs étudiants apportent une expérience complémentaire au cursus. L’IA, la cybersécurité et les véhicules autonomes sont évoqués. Marceau cite une présentation à l’assemblée générale et des réussites internationales de voitures de course autonomes à échelle un dixième et de déneigeuses autonomes. Au-delà des résultats qu’il rapporte, ces projets permettent de montrer une réalisation, une initiative et du travail collectif : une carte de visite plus concrète qu’une simple liste de cours.
2.4. La bourse : reconnaître davantage que les notes
Le support annonce une bourse Mon Avenir TI de 2 500 $ au printemps. L’oral la décrit comme annuelle et destinée aux étudiants en informatique et en génie logiciel. Elle comporte un minimum académique, mais ne repose pas exclusivement sur les meilleures notes : engagement et travail d’équipe comptent également. Les critères ont été discutés avec des entreprises et des étudiants pour reconnaître un bon dossier et une contribution collective.
La page 9 identifie Charles Reny-Déry, présenté oralement comme un lauréat précédent. Aucun seuil numérique, formulaire, année précise du printemps visé ou délai de candidature n’est fourni. Le montant est matière à connaître dans le contexte de l’initiative; une démarche personnelle éventuelle exige de vérifier les modalités officielles plutôt que d’inventer une échéance.