2. Origines et évolution de l’IA
Les racines de l’IA précèdent son nom. Des travaux sur les neurones artificiels apparaissent déjà dans les années 1940 et 1950. Le terme artificial intelligence s’impose toutefois au milieu des années 1950, en particulier autour du projet de Dartmouth de 1956. John McCarthy, Marvin Minsky, Allen Newell, Claude Shannon et Herbert Simon comptent parmi les figures associées à cette période.
Le programme de recherche est ambitieux dès le départ : formaliser des fonctions liées à l’intelligence et les reproduire par ordinateur. Les sujets incluent déjà la logique, la recherche, la résolution de problèmes, le raisonnement, l’apprentissage, les jeux, les réseaux neuronaux et l’utilisation du langage. Logic Theorist illustre la confiance initiale envers la démonstration automatique de théorèmes et le raisonnement symbolique.
Lisp, conçu par John McCarthy, devient un langage emblématique de cette première IA; les programmes jouant aux échecs fournissent un autre exemple de problème où l’on tente de rendre explicites les états, les choix et le raisonnement.
Cette première période produit de fortes attentes, mais elle rencontre rapidement trois obstacles :
- certains problèmes sont difficiles à représenter sous une forme exploitable par une machine;
- la connaissance du monde est immense, incomplète et parfois contradictoire;
- les capacités de calcul et la quantité de données disponibles sont alors limitées.
L’IA se diversifie en réponse à ces limites. L’amélioration du matériel, puis l’abondance des données rendue possible par Internet, favorisent notamment le développement de méthodes d’apprentissage. L’essor récent de l’IA générative représente une nouvelle accélération, mais pas la naissance du domaine.
Cette histoire explique aussi le passage d’un domaine longtemps centré sur la recherche à des usages spécialisés, puis à une diffusion industrielle et quotidienne. Une idée peut précéder de plusieurs décennies les ressources matérielles ou informationnelles nécessaires à son application.